Quels traitements aujourd'hui ?

Le dépistage consiste à rechercher au sein d'une population, les individus présentant une déficience auditive. Pour cela, différents tests sont pratiqués nécessitant ou non l'intervention du sujet. L'intérêt de ces investigations est de préciser rapidement un diagnostic, c'est-à-dire l'identification d'une maladie. Par la suite, il est ainsi possible d'adapter une réhabilitation en fonction de la déficience auditive, l'âge ou encore d'éventuels troubles associés.

Le dépistage en fonction de l'âge

Dès la naissance, la recherche d’un déficit auditif peut être effectuée de manière rapide, indolore et automatisée pour repérer les enfants à risque de déficience auditive.

Certains pays européens pratiquent même un dépistage systématique à la naissance !

A l'école, la médecine scolaire est habilitée, lors des visites obligatoires, à détecter des troubles auditifs. Parallèlement, les parents et médecins entourant l'enfant sont à même de déceler un éventuel déficit auditif par l'attention qu'ils portent aux comportements de leur enfant.
 
 Enfin chez l'adulte, le dépistage des troubles auditifs va être proposé dès l’âge de 45-50 ans dans le cadre de la médecine du travail, plus précocément et régulièrement dans les situations à risque (travail en milieu bruyant, militaires, ...) ; il interviendra aussi à la demande lors d'une consultation ORL. Chez les adultes atteints de troubles cognitifs, le traitement précoce des déficiences auditives pourrait retarder l’évolution de la maladie neurologique…

Les moyens utilisés pour étudier la fonction auditive

Lorsque le dépistage décèle un risque de déficience auditive, des tests réalisés dans un cadre plus spécialisé permettent de définir les caractères de la surdité, si surdité il y a, et de déterminer la réhabilitation la plus adaptée.
 Chacun des tests décrits ci-dessous renseigne de manière différente sur l’état des capacités auditives. Par conséquent, ils sont fréquemment associés par le médecin afin de poser le diagnostic le plus prècis possible.

Les oto-émissions acoustiques (OEA)

Premier test de dépistage (voir image ci-dessus) utilisé dès la naissance, ce test est rapide et indolore. Une sonde, de la taille d'un écouteur, placée dans le conduit auditif, recueille des informations reflétant l’état de certaines cellules sensorielles fondamentales pour l’audition. Une réponse négative à ce test doit être confirmée pour permettre le diagnostic d'une déficience auditive, et surtout pour en apprécier la sévérité.

Les Potentiels évoqués auditifs (PEA)

Des électrodes placées sur la tête du patient permettent d'enregistrer l’activité électrique du cerveau suite à l’émission d’un son dans l’oreille. En étudiant les caractéristiques de cette activité on peut définir un état de l’audition. Sur l’image sont représentés un PEA normal (courbe bleue) et anormal (courbe rouge) dénotant une surdité.
 Ces tests peuvent être analysés sur un mode automatisé dans le cadre d’un dépistage, ou manuellement pour réaliser un diagnostic précis du type et de la sévérité de la déficience auditive.

L'audiométrie tonale

L'audiométrie tonale

L’audiométrie tonale constitue le test le plus courant de dépistage.
 Couramment, les fréquences étudiées varient de 125Hz (graves) à 8000Hz (aiguës).
 L’audiogramme tonal ci-contre (courbe rouge) traduit une audition normale dans les fréquences graves et moyennes [125 à 2000]Hz car la courbe est proche du zéro de référence. En revanche, on observe une chute brutale dans les fréquences aiguës, au-delà de 4000Hz ; ce qui marque une perte auditive importante (surdité sévère) sur ces fréquences.

L’audiométrie tonale est largement utilisée comme test de dépistage, dans le cadre de la médecine scolaire ou la médecine du travail.

Chez l’enfant en bas âge, elle peut être utilisée dans le cadre du diagnostic en recherchant des réactions réflexes (clignements de paupières, arrêt de succion, arrêt des pleurs, sourire) ou des réflexes d’orientation (tourner la tête vers une source), à la perception d’un bruit fort soudain. Un peu plus tard, des conditionnements plus complexes peuvent être réalisés, comme demander à l’enfant d’appuyer sur un bouton lorsqu’il entend le son.

Chez l’adulte et l’enfant de plus de cinq ans, elle peut être pratiquée de manière plus exhaustive et précise car le sujet est plus apte à comprendre et se concentrer sur la consigne qui est d’indiquer s’il entend ou non le son.

L’audiométrie vocale

Cet examen permet d’évaluer la compréhension. Pour cela, la consigne donnée au sujet est de répéter correctement des mots simples et courants. Cet outil de diagnostic renseigne sur l'importance mais également la nature de la déficience auditive.

Sur le graphe ci-dessus, la courbe bleue représente l’audiogramme vocal d’un sujet normo-entendant. La courbe rouge présente l’audiogramme d’un sujet malentendant : il ne commence à entendre qu'à partir de 65 dB (on tient compte de l’intensité à laquelle il obtient 50% d’intelligibilité). De plus, la courbe n’atteint pas les 100% d’intelligibilité, même lorsqu’on augmente l’intensité, ce qui traduit d’importantes difficultés de compréhension.

Les degrés de surdité

Les tests de dépistages (dont les plus courants viennent d'être décrits) permettent de caractériser le type de surdité (voir " Qu’est ce qu’une surdité") et également son importance ou degré.

Selon le bureau international d’audiophonologie, le degré de surdité correspond à la moyenne des seuils en dB , obtenus en audiométrie tonale, pour les fréquences 500, 1000, 2000, 4000 Hz . Par exemple, le degré de surdité du patient dont le seuil est celui représenté dans la partie audiométrie tonale est : (0+5+10+70)/4=21,25dB ; soit une surdité légère.

Les degrès de surdité

  • Surdité légère : La parole est perçue à voix normale, mais la gêne apparaît à voix basse ou lorsque le locuteur s’éloigne. La plupart des bruits familiers sont perçus.
  • Surdité moyenne : La parole est perçue si on élève la voix. La personne malentendante comprend mieux en regardant le locuteur. Quelques bruits familiers sont encore perçus.
  • Surdité sévère : La parole est perçue à voix forte près de l’oreille. Seuls les bruits forts sont perçus.
  • Surdité profonde : Aucune perception de la parole. Seuls les bruits très puissants sont perçus.
  • Surdité totale (cophose) : La perte moyenne est de 120 dB. Aucun son n’est perçu.

Notons qu'une surdité ne se mesure jamais en % mais en dB de pertes ! Dire : j'ai une surdité de 50%, ne signifie strictement rien ; on doit dire : j'ai 50dB de perte auditive.

En outre, il est important de préciser que le degré de surdité ne peut se limiter à cette mesure arithmétique, il doit tenir compte du handicap et de la gêne ressentis par le patient et son entourage.

Dernière mise à jour : 27/06/2013 11:05